Tout savoir sur la phytoépuration

Vous êtes l’heureux propriétaire d’une maison à la campagne. Une maison qui n’est pas raccordée au tout à l’égout et qui dispose d’une fosse septique ou d’une fosse toutes eaux. Loin de vous satisfaire de par les contraintes d’entretien, ces fosses s’avèrent de plus guère respectueuses de l’environnement. Or votre environnement vous y tenez ! Et si vous passiez à la phytoépuration, un système autonome et individuel d’assainissement des eaux usées qui se veut totalement écologique et naturelle ?

La phytoépuration, c’est quoi exactement ?

Pour faire simple, la phytoépuration est un procédé naturel de filtration et de dépollution des eaux usées produites par une famille dans son quotidien. Par eaux usées, on entend les eaux grises issues des salles de bains et des lave-linge et lave-vaisselle, mais aussi les eaux de cuisine, chargées en graisses, et les eaux vannes, venues des toilettes.
Concrètement, avec un système de phytoépuration, ces eaux usées sont non seulement assainies mais aussi réutilisables, entre autres pour l’arrosage du jardin. Une solution qui s’avère donc avantageuse à différents niveaux, écologique bien sûr, mais aussi économique, durable et esthétique puisque la phytoépuration s’appuie sur l’action de plantes épuratrices, installées dans des bassins, qui seront du plus bel effet dans votre jardin.

Comment ça marche ?

A la base de la phytoépuration, il y a des plantes épuratrices, plantées dans des bassins, dont les racines abritent des bactéries aérobies qui absorbent les matières organiques pour les transformer en matières minérales. En retour, comme un échange de bons procédés, les plantes fournissent l’oxygène nécessaire à la survie de ces bactéries. Par leur action, ces bactéries purifient donc l’eau mais traitent également les nitrates et les phosphates.
Trois étapes sont nécessaires pour assainir les eaux usées. Et donc au minimum trois bassins à écoulement horizontal. Dans le premier, planté de végétaux au système racinaire dense tels que les bambous ou les roseaux, l’eau, chargée de matières organiques et de graisses, s’écoule entre des cailloux ou du gravier. Sur les racines ou les cailloux, se déposent ces matières organiques qui servent de nutriments aux plantes.
Dans le deuxième bassin, ce sont les nitrates et les phosphates, encore présents dans les eaux usées, qui servent de « nourriture » aux bactéries aérobies. Qui vont les transformer en matières minérales débarrassées de toutes traces de pollution.
Dans le troisième bassin, l’eau arrive propre. Elle peut être utilisée pour l’arrosage du jardin. Cet espace se veut surtout un havre de biodiversité.

Quelques règles pour mettre en place une phytoépuration

La phytoépuration, en tant que solution d’assainissement non collectif (ANC) est reconnue par le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, comme une alternative à la collecte publique des eaux usées. Ce sont les communes qui sont compétentes pour contrôler ces installations de phytoépuration, via les Services Publics d’Assainissement Non Collectif (SPANC). Ces derniers seront chargés de vérifier les travaux de réalisation et de réhabilitation de l’installation, ainsi que son bon fonctionnement et son entretien. C’est donc auprès de votre mairie que toutes les démarches seront faites
Un particulier peut en partie concevoir son installation mais il est toutefois recommandé de faire appel à un bureau d’études pour éliminer toute mauvaise surprise.

 

Les multiples avantages de la phytoépuration

Le tout premier avantage est bien évidemment écologique puisque la phytoépuration ne génère pas de pollution. Tout est naturel. C’est également un système d’assainissement durable puisqu’une installation de phytoépuration fonctionne pendant plus de 20 ans. Qui plus est avec un entretien réduit au strict minimum et qui consiste simplement dans une surveillance des bassins et de la bonne santé des plantes. Et ce tout au long des saisons.

Par l’utilisation de plantes épuratrices, bambous, roseaux et joncs, laiches et carex, massettes, ou encore scirpes des marais, l’espace consacré à votre phytoépuration sera particulièrement esthétique et formera un jardin zen des plus jolis. Et ce sans aucune odeur nauséabonde, comme certains pourraient le craindre. En effet, çà la différence d’une fosse, la surface du filtre planté n’est pas privé d’air.

Autre avantage de phytoépuration et non des moindres, l’aspect économique. Les coûts d’installation d’un dispositif de phyto-épuration peuvent paraître onéreux puisqu’ils impliquent du terrassement et des fournitures nombreuses, à long terme, le dispositif s’avère largement plus économique qu’une fosse. Et si on procède à un regroupement d’habitations, c’est encore plus intéressant.

Enfin, la phytoépuration peut se déployer dans tous les sols, argileux ou sableux, avec une emprise limitée de l’ordre de 10 m2 par bassin pour une maison d’environ 100 m2. Quant au terrain, il peut être en pente ou plat.

Enfin, la phytoépuration a l’avantage de responsabiliser les familles qui utiliseront des produits écologiques, non obligatoires, mais préférables.

Sachant que l’Etat propose des aides et subventions pour financer un tel dispositif, la phytoépuration est aujourd’hui la solution d’assainissement des eaux usées le plus respectueux de l’environnement qui s’intégrera parfaitement dans l’aménagement paysager de votre petit coin de paradis